11. L’étoile filante

Résumé: Peter est enfin accepté par la famille Darling. Cependant, c’est la guerre et monsieur Darling prévient Peter que la vie réelle est pleine d’obstacles…

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Après que l’alerte à la bombe se fut arrêté, la famille Darling remonta se coucher. On fit aménager un lit pour Peter dans la chambre commune. Celle-ci ressemblait maintenant beaucoup à un dortoir, avec ses dix lits répartis entre 2 rangées,  contre les murs. À part ça, la pièce était telle que Peter se la rappelait. Il se souvenait que c’était sa couleur jaune qui l’avait attiré. Jaune comme le soleil, comme un poussin… ça avait donné une bonne impression à Peter. Et puis, comme c’était une chambre d’enfant, l’endroit lui semblait familier.

Lorsque monsieur Darling ferma la porte de la chambre en leur souhaitant bonne nuit à tous, il savait très bien que ceux-ci ne dormiraient que très peu cette nuit là. Et en effet, dès que la porte claqua, tout le petit monde accourut jusqu’au lit de Peter. Tous voulaient qu’il raconte son histoire en détail. Et c’est ce qu’il fit, même si Wendy était dans la pièce, car il se dit que cela pourrait peut être briser la glace. Tout le monde rit lorsqu’il leur raconta comment son ombre semait la zizanie chez les pirates. Ils retinrent tous leurs souffles lorsqu’il leur dit comment les sirènes l’avaient entraîné sous l’eau, puis se détendirent lorsqu’il leur expliqua que Clochette l’avait sauvé.

_ … Et me voilà, dit Peter lorsqu’il finit son récit.

Tout le monde était ébahi par ce que l’adolescent venait de dire. Ils étaient partis depuis un an du pays imaginaire, et entendre toutes ces aventures leur rendait un peu leur âme d’enfant. Le silence s’installa. Peter avait une personne à voir en tête à tête.

_ Bon, tout le monde au lit, dit le frisé, se rendant compte de la situation le premier.

Personne ne protesta, et tout le monde regagna son lit, tandis que Peter se rendait à la fenêtre de la chambre, celle par laquelle tout avait commencé, et où se trouvait assise Wendy au moment présent. Elle regardait le ciel étoilé, le visage éclairé par le clair de lune. Peter se souvint du jour où ils avaient dansé sous un clair de lune similaire, et il la trouva aussi belle que dans son souvenir, même s’il n’arrivait pas à deviner ce à quoi elle pensait àcet instant.

Le garçon qui ne voulait pas grandir s’assit à côté de la conteuse d’histoire silencieusement.

_ Je t’ai attendu tu sais, dis Wendy sans quitter le ciel des yeux.

_ Je sais, répondit doucement Peter.

Wendy se tourna vers lui. Ses yeux bleus océan, ceux que Peter aimait tant, reflétait une tristesse contenue. Une larme roula sur sa joue.

_ Et maintenant? Demanda-t-elle, un demi-sourire se dessinant sur ses lèvres rouges, où se cachait un baiser que Peter repéra tout de suite, là, juste au coin de la bouche.

_ Je ne sais pas, répondit-il. À toi de choisir.

Il s’était rapproché d’elle, et pouvait maintenant sentir son parfum floral. Elle détourna les yeux vers le ciel, comme si elle cherchait la réponse parmis les astres.

_ Tu as toujours mon baiser?

Peter sortit une chaîne de son col, au bout de laquelle pendait un dé à coudre que Wendy lui avait donné la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. La jeune fille sortit alors le sien: un cordon d’où pendait un gland, qui lui avait sauvé la vie lors d’une de ses aventures. Elle examina les deux objets pendant un moment, puis reporta son regard une fois de plus vers le ciel.

_ Tu vas repartir un jour?

_ Un jour, répondit Peter sincèrement. Mais juste pour quelques temps. Pas définitivement.

Wendy rit. Son rire était très doux, comme une brise légère. Peter se rendit compte que ce son lui avait vraiment manqué.

_ Ah Peter Pan, soupira Wendy. Le garçon qui ne voulait pas grandir… Crois-tu vraiment que ta place soit ici?

_ Oui. J’ai grandis moi aussi.

Wendy perdit son sourire, surprise d’entendre ces mots de la bouche de ce garçon, qui un an plus tôt refusait de rester avec elle, de peur de grandir. Peter se mis à regarder le ciel lorsqu’elle tourna son regard vers lui.

_ Regarde! Une étoile filante!

Tout sourire, il se tourna vers elle. Puis, il l’embrassa, car après tout, c’était le voeu qu’il avait formulé.

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