10. Bienvenue parmis nous

Résumé: Peter part du Pays imaginaire avec difficulté, revient à Londres et apprend qu’il s’est absenté durant un an. Alors qu’il revoit Wendy et les garçons perdus, une secousse se fait sentir.

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_ Mais qu’est-ce que…?

Une sirène stridente s’était déclenchée dans la rue. Peter se releva tant bien que mal et aidait les garçons à se relever lorsqu’une deuxième secousse se fit sentir.

_ Qu’est ce que c’est?! S’écria-t-il.

_ On se fait bombarder! S’écrièrent les jumeaux en choeur.

Dans le chaos général, monsieur Darling (dont Peter gardait un souvenir mitigé) entra dans la chambre en courant:

_ Vite les enfants! À l’abri!

Le groupe suivit monsieur Darling dans la précipitation jusqu’au sous-sol. Madame Darling les attendaient et les pressa d’entrer. Elle jeta un regard furtif à Peter, mais ne fit pas de commentaires. La troupe entra dans l’abri sous les sifflements des bombes larguées et des explosions.

L’abri était exigu. Le seul meuble présent était un lit superposé, qui occupait la moitié de l’espace. Des garçons montèrent sur le lit du haut, d’autres sur le lit du bas, et d’autres s’assirent par terre calmement, comme si la situation s’était répété plusieurs fois.

Wendy s’assit contre le mur, près de ses frères. Peter alla s’asseoir à côté d’elle, sous le regard des onze habitants de la maison. Un silence de plomb s’installa, ponctué par les détonations. Ils attendaient, se demandant qui allait parler le premier.

Finalement, ce fut Michael, le plus jeune des frères Darling, qui prit la parole:

_ Peter? Tu viens nous chercher pour retourner au Pays Imaginaire?

Tous les regards se tournèrent vers lui, ceux des enfants, pleins d’espoir, ainsi que ceux des parents, morts d’inquiétude. Ils n’osaient pas intervenir, de peur de perdre leurs enfants une seconde fois. C’était en imposant à Wendy de grandir trop vite qu’elle avait décidé de partir pour le pays imaginaire. Si les choses se passaient mal avec Peter, ils risquaient de tout perdre.

Peter prit une profonde inspiration. Il espérait sincèrement ne pas être rejeté. Il posa son regard d’un bleu limpide sur Michael.

_ Non, je ne vous ramènerais pas au pays imaginaire, du moins pas tout de suite. En fait… C’est plutôt moi qui retourne dans le monde réel.

Il attendit. Aucune réaction.

_ Dès que je suis retourné au pays, poursuivit-il, j’ai regretté ma décision. Je crois que je n’ai jamais autant réfléchi pendant cette semaine… Oui le temps s’écoule plus vite ici, précisa-t-il devant les regards surpris. Bref j’ai senti que j’étais en train… de grandir (il avait encore du mal à en parler). Mais j’ai créé le pays imaginaire juste pour les enfants. Et puis Wendy…

Il jeta un coup d’oeil vers elle. Son regard était fixé sur un point devant elle, inexpressif. Plus personne n’osait respirer dans la pièce.

_ Alors j’ai décidé de vivre pour de bon, reprit Peter, la voix tremblante. J’ai du laisser une partie de moi là bas. Ça m’a fait mal… Mais j’étais obligé.

Il se leva et se tourna vers le père de Wendy, qui retenait son souffle.

_ Monsieur Darling… Est-ce que je peux rester vivre avec vous?

Pour la première fois, Peter avait parlé comme un adulte. Il s’était adressé à monsieur Darling d’égal à égal, et celui-ci avait dû le sentir car il s’était un peu détendu. Il réfléchit quelques instants, pesant le pour et le contre, se demandant si la présence de Peter représentait un danger pour sa famille. Les enfants, qui étaient à présent des adolescents, ne disaient rien car ils savaient que ça n’aurait fait qu’envenimer les choses.

_ D’accord, répondit monsieur Darling. Mais as-tu bien conscience de ce que cela signifie?

Peter fut désarçonné par sa question. Il y aurait-il des conditions pour rester?

_ Tu devras aller à l’école, poursuivit le père. Tu devras faire les mêmes choses que les autres, les corvées et ce qu’on te dit de faire. Il faudra également que tu travailles lorsque tu seras adulte. Sans compter les changements qu’il te faudra surmonter avec le temps. Et la guerre… Il y a la guerre ici. Es-tu prêt à subir tout cela?

_ Oui, répondit Peter sans hésiter. Absolument.

_ Alors bienvenue parmis nous, Peter Pan.

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Critique de la série shadowhunters

Bonjour à tous! Aujourd’hui j’ai décidé d’écrire un article qui n’est pas la suite de la fanfiction, mais la critique d’une série. Shadowhunters est une série directement inspirée de la saga The mortal instruments. Étant donné que j’adore les romans et que j’ai beaucoup aimé le film (malgré des avis divergents), j’ai voulu tester cette série dont j’entends parler depuis un moment.

Et là, ce fut le drame.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir toutes les libertés que la réalisation a prises!
_La situation de départ n’est pas la même (Clary va entrer à la faculté de dessin au lieu d’être au lycée, mais ça encore ce n’est pas ce qui m’a gêné le plus)
_ Les personnages ont été modifiés non seulement dans leurs fonctions (Luc est policier au lieu d’être libraire?!) mais aussi dans leurs statuts (il est apparemment en couple avec Jocelyn, alors qu’il est bien spécifié qu’ils se mettent ensemble seulement dans le troisième ou quatrième tome) et leurs caractère  (Alec me paraît assez fade par rapport au livre, et Jace est clairement moins farouche), sans compter ceux qui n’ont strictement rien à voir avec le livre  (comme Maureen qui dans le livre est une groupie d’une douzaine d’année et qui se transforme dans la série en jeune fille d’une vingtaine d’années qui fait partie du groupe de Simon… D’ailleurs où sont passés les autres membres de ce groupe?!)
_ Pourquoi l’église est elle remplie d’ordinateurs? Le livre semble décrire une bâtisse en pierre avec un intérieur classique (une bibliothèque, une cuisine…) pas de matériel high-tech!

Bref, le premier épisode était tellement différent du livre que j’ai arrêté le visionnage en plein milieu de l’épisode. J’essaierais peut être de regarder le deuxième épisode pour me faire une idée plus précise,  mais pour l’instant je déconseille vivement la série,  d’autant plus que l’auteure elle même dit qu’elle n’a pas de contrôle sur ce qui est diffusé. À suivre.

9. Retour à Londres

Résumé: Peter a réalisé les quatre échanges, et s’est réconcilié avec Clochette. Il est temps pour lui de partir…

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Le lendemain fut la plus dure journée que Peter eu à vivre. Tout d’abord, il alla dire adieu à la tribue indienne, avec Clochette qui avait décidé de rester avec lui. En traversant la forêt, il avait remarqué que les plantes avaient repris des couleurs. « J’espère que tout redeviendra comme avant quand je serais partit » Pensa Peter avec un serrement au coeur. Lorsqu’il dit au revoir aux peau-rouges, les réactions furent vives: tous pleuraient et sanglotaient, voulant à tout prix le serrer dans ses bras une dernière fois. Lily la tigresse vint le voir et se jeta à son coup. L’embrassade dura un moment.

_ Je reviendrais, murmura Peter à son oreille.

Lily le lâcha enfin, lui lança un sourire entendu et s’en retourna à ses occupations. Quand Peter s’envola, il aurait juré avoir vu grand-mère lui lancer un regard bienveillant.

Il alla ensuite voir la reine Clarion. Les fées lui firent une haie d’honneur, et voletèrent tout autour de lui jusqu’à ce qu’il s’en aille. Clarion, qui s’était inquiétée pour Clochette , la serra dans ses bras, ainsi que l’un des doigts de Peter du fait de sa petitesse. Il se retint de verser un larme et s’envola.

Puis, ils allèrent voler du côté du lagon des sirènes, où ils entendirent leurs chants séduisants (mais après toutes ses aventures, Peter n’y était plus sensible).

Non loin de là se trouvait le Jolly Roger. Peter entendit les bruits de lutte et sourit en pensant aux dégâts que son ombre allait causer.

Puis il se remémora qu’il fallait partir. Et il éclata en sanglot. Clochette mis au moins une bonne heure à le consoler. Quand il se calma, il était la fin de l’après-midi.

_ C’est à peu près à cette heure-ci que je suis parti chez Wendy la première fois, dit Peter à lui même.

Puis il se tourna vers Clochette.

_ Je ne veux pas que tu viennes avec moi. Je dois le faire seul.

Clochette lui lança un regard compréhensif, puis se serra contre son coeur.

_ N’oublie jamais ce que je t’ai dit, murmura-t-il.

Puis la fée le lâcha, de grosse larmes roulant sur ses joues. Les yeux humides, Peter se retourna et s’envola enfin pour rejoindre le monde réel.

Le trajet jusque Londres fut bref. Peter s’était changé les idées,  en pensant à ce que serait sa nouvelle vie chez Wendy. Il atterrit devant la fenêtre de sa chambre. La fenêtre était fermée,  et Peter se rappela ce que lui avait dit Crochet « Elle t’oublieras. La fenêtre est fermée. Il y a des barreaux. Elle ne veut plus de toi ». Son sang se glaça dans ses veines. Il regarda à travers le carreau, et vit douze lits identiques dans la grande pièce. « Les garçons perdus! » Pensa-t-il avec excitation.

Il frappa à la fenêtre. La lumière s’alluma.

Et là une explosion de bruit transforma le calme de la nuit en capharnaüm.

_ PETER! C’EST PETER!
_FAITES LE RENTRER VITE!
_QUOI? PETER ET REVENU?

Sous les holas et les cris d’une dizaine d’enfants, Peter se retrouva propulsé à l’intérieur, tiré de tous les côtés par un bon nombre de mains, les oreilles bourdonnantes.

Dans le chaos que sa venue avait causé, Peter remarqua que, bizarrement, les garçons avaient déjà changés d’une certaine manière: ils avaient l’air plus grand, plus vieux. Comment une seule semaine pouvait changer des enfants comme ça?

_ Mais comment..? Balbutia Peter.

Puis brusquement, il se figea, stupéfié. Les enfants perdus s’arrêtèrent net en remarquant que quelque chose n’allait pas, comme si Peter avait repris sa place de chef qu’il avait laissé vacante.

_ Depuis combien de temps suis-je parti? Demanda le blondinet lentement, comme si la vérité commençait à s’imposer à lui. Ça fait plus d’une semaine, hein? Laissa-t-il finalement tomber.

Un silence de mort se fit entendre.

_ Un an, répondit le frisé. Ça fait un an que tu es parti.

Peter eu la tête qui tourne. Comment cela se pouvait-il? Comment le temps pouvait-t-il s’accélérer quand il était au pays imaginaire? Puis, ses pensées tournoyant, il se demanda si Clo allait se douter de quelque chose, où si elle allait penser qu’il l’abandonnait (car il se doutait que le phénomène se produisait des deux côtés). Puis après un silence de réflexion, la cause de sa venue lui revint en mémoire.

_ Wendy?

Les garçons s’écartèrent alors.

Une jeune fille aux cheveux blonds comme les blés, plus longs que d’habitude, se tenait devant son lit. Elle aussi avait légèrement changé, mais elle avait gardé le même regard bleu azur et les mêmes lèvres rouges, au goût de cerise se souvint Peter. Depuis que Peter avait décidé de grandir, il reconnaissait les émotions sur les visages, et celui de Wendy exprimait à la fois la joie et la tristesse. Il y avait également un fond de colère dans ses yeux.

Elle allait dire quelque chose lorsqu’un fracas assourdissant suivi d’un tremblement de terre les projeta au sol.

8. Une lumière dans la nuit

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Tout se passa très vite: comme il s’y attendait, Peter sentit deux mains moites le saisir et l’entraîner dans l’eau, sans qu’il puisse opposer aucune résistance. Plus il s’enfonçait, moins il distinguait les récifs immergés. La sirène n’avait pas décollé sa bouche de la sienne. Ses soeurs la suivaient, attendant que Peter se noie gentiment. Alors qu’il commençait à suffoquer et croyait sa dernière heure arrivée, une traînée de poudre dorée traversa l’eau à toute vitesse pour aller frapper la sirène en pleine tête. Celle-ci lâcha Peter sous l’effet de la surprise, et profitant de l’occasion, il donna un coup de pied et se propulsa à la surface.

Il nagea aussi vite qu’il le pu jusqu’à la plage, et couru le plus loin possible du rivage.

Il était trempé ; Ses cheveux blonds et bouclés étaient collés sur son front. Sa coiffe de plume avait heureusement survécu à l’incident, ainsi que le contenu de sa poche.

Il était arrivé dans la forêt, au centre d’une clairière baignée par le clair de lune. Exténué, il s’assit sur un rocher qui se trouvait là, et attendit d’être calmé avant de remonter le cours des événements, car il avait eu la peur de sa vie. Il n’en parlait jamais, mais la plus grande crainte de Peter était le noir complet et le silence. C’est pour cela qu’il s’était tout de suite bien entendu avec Clochette. Elle était l’une des seules à l’éclairer lorsque la vie devenait sombre. D’ailleurs, en parlant de Clochette… Il avait nettement vu un trait doré frapper la sirène de plein fouet. Il se doutait bien que c’était elle qui l’avait aidé. Il espérait juste qu’elle l’avait suivie dans sa fuite.

_ Clochette, dit Peter d’une voix forte, mais étonnamment calme pour quelqu’un qui venait d’échapper à la noyade. Je sais que tu es là.

Il attendit un moment, puis une petite boule lumineuse sortit de derrière un tronc et voleta lentement jusqu’à lui.

Clochette avait les mains croisées derrières le dos, avec un air renfrogné qui lui était presque familier depuis que Peter était allé pour la première fois chez Wendy, ce qui était bien dommage car malgré sa taille minuscule, Clochette était belle lorsqu’elle souriait.

_ Merci de m’avoir aidé, dit le garçon doucement. J’ai eu peur, tu sais que je déteste le noir…

Clochette se détendit une fraction de seconde, puis se rappelant pourquoi elle était fâchée contre Peter, elle croisa les bras et lui tourna le dos.

_ Arrêtes, tu sais très bien que c’est aussi difficile pour moi.

Elle lui jeta un regard noir, ce qui devait signifier qu’elle n’était pas vraiment de son avis.

Après un instant de silence, Peter se dit qu’il ne servait plus à rien de nier l’évidence.

_ Je t’aime Clo’, mais pas comme Wendy. Tu as toujours été ma meilleure amie, tu as toujours été à mes côtés, on a vécu les mêmes aventures ensemble. Mais on est différents.  Je suis un garçon qui a refusé de grandir à un moment donné et qui s’est isolé sur une île imaginaire, où tout ce qui existe réagit comme je le veux et où rien n’évolue, où je resterais toujours un enfant sans jamais changer. Mais depuis que j’ai rencontré Wendy, non seulement j’ai redécouvert le monde réel, mais cette fille… Elle m’a bouleversé. Je n’ai jamais ressenti ça pour personne (je n’ai jamais rien ressentit du tout d’ailleurs). Ce monde ne me convient plus.

Une expression de tristesse profonde tordait les traits de la fée, et une larme minuscule roula sur sa joue. Peter sentant son coeur se serrer, essuya cette minuscule goutte d’eau et étouffa un sanglot.

_ Mais pourquoi cela voudrait-il dire que je ne veux plus de toi? Même si je pars d’ici, tu sais très bien que tu pourras venir me voir aussi souvent que tu veux. J’ai créé le pays imaginaire  depuis le monde réel. Même si on appartient à deux mondes différents, pourquoi est-ce que notre amitié devrait mourir comme ça?

Les larmes roulaient sur ses joues à présent.

_ Ça me déchire le coeur autant qu’à toi.

Clochette se pressa contre sa poitrine. Elle avait enfin compris que Peter était partagé entre le pays imaginaire et le monde réel, et que ses souvenirs d’ici ne terniraient jamais.

Elle avait enfin prit conscience que la situation n’était pas aussi désespérée qu’elle le croyait.

7. « Peter Pan tient toujours ses promesses »

Résumé: Après avoir fait un échange avec les indiens et les fées, Peter se rend chez les pirates où il reçoit le crochet du capitaine, que Mouche a récupéré sur la plage. Voyant que l’équipage du Jolly Roger est sur le chemin du déclin (et du départ en ce qui concerne Mouche), Peter libère son ombre, ce qui crée une sacrée effervescence sur le navire. Il laisse donc son ombre en échange du crochet et se rend chez les sirènes.

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Peter attendit que la nuit tombe sur la crique aux sirènes assit sur un rocher. Il avait regardé la mer toute la journée, se demandant ce que serait la vie en ville, avec Wendy. Serait-ce aussi amusant que sa vie passée au pays imaginaire? Au bout de quelques heures passées sur ce rocher à s’ennuyer, il se dit que ça ne pourrait certainement pas être pire que maintenant.

La nuit était tombée sur l’île. Peter avait entendu les bruits de lutte des pirates contre son ombre toute la journée, et le ramdam se calmait enfin. On n’entendait plus que les vibrations régulières des tambours indiens, qui devaient encore réaliser un rituel quelconque, et le son des vagues se fracassant sur les récifs.

Soudain, Peter surprit un mouvement furtif dans les vagues (une minuscule onde qui se propagea sur l’eau). « Enfin! » se dit-il.

Il ne bougea pas, attendant que les sirènes se montrent. Ces créatures étaient à la fois craintives et agressives, comme des animaux continuellement blessés. Si elles en avaient l’occasion, elles vous entraînaient au fond de l’eau pour vous noyer. Mais elles savaient aussi tout ce qui se passait dans le pays. Peter se souvenait qu’il était déjà venu ici avec Wendy pour savoir où Crochet avait emmené ses frères (d’ailleurs, ce jour là, elles avaient faillit noyer la jeune fille, mais il les en avait empêché).

Quatre tête sortirent de l’eau simultanément. Les sirènes avaient de beaux visages de femmes. Elles avaient les yeux de la même couleur que leurs cheveux: bleus, violets, verts, roses… Elles avaient des traits fins, mais Peter savait que sous leur charme apparent se cachait une méchanceté redoutable.

Il s’approcha doucement du bord de l’eau. Les sirènes le suivirent des yeux, mais ne bougèrent pas. Il s’arrêta à une distance respectable, aux aguets, et leur expliqua la raison de sa venue. Puis, il attendit, le temps qu’elles se concertent. Enfin, celle qui avait les cheveux violets prit la parole:

_ Nous voulons bien te donner une de nos perles. Mais en échange, tu devras nous donner ta flûte de Pan, et… un baiser.

Le sang de Peter se glaça. Il savait très bien que s’il s’approchait trop de l’eau, les sirènes le noieraient. Mais il comprit qu’il n’avait pas le choix. Il devait le faire.

La sirène sourit, découvrant ses dents pointues.

_ D’accord c’est promis. Mais la perle d’abord, lança-t-il à la femme poisson.

Celle-ci détacha une perle en nacre grosse comme une balle de golf de son collier, et la fit rouler jusqu’à lui. Il la prit et la fourra dans sa poche, avec la pierre de lune et la poussière de fée (elle commençait à être bien remplie). Puis il s’envola jusqu’à sa cachette, et prit la flûte de Pan la où il l’avait laissé quand, en panique, il avait vu Clochette mourir sous ses yeux.

Il revint à la crique cinq minutes plus tard. Les sirènes l’attendaient toujours. Elles savaient qu’il respecterait sa promesse, car après tout, Peter Pan respectait toujours ses promesses.

Il donna la flûte de Pan à la sirène aux cheveux bleus, puis s’approcha de celle aux cheveux violets. Il s’agenouilla au bord de l’eau, pensa à Wendy et au monde qui allait bientôt s’offrir à lui, et mit toute la force de sa volonté pour ne pas s’enfuir et s’approcher encore plus.

Ses lèvres touchèrent celles, humides et glacées de la sirène.

6. Les pirates

Résumé: Peter propose à Lily la tigresse, en pleurs, de se joindre à lui pour rejoindre le monde réel et John, le frère de Wendy dont elle est tombée amoureuse. Celle-ci décline son offre, sachant qu’elle n’aurait pas sa place là-bas. Peter se rend donc dans la vallée des fées,  où il reçoit une pierre de lune contre son poignard. Mais lorsqu’il demande où est Clochette à la reine des fées, celle-ci lui répond qu’elle est partie….

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Partie? Mais où Clochette avait-elle bien pu partir? Peter passa toute la nuit à ressasser cette question, trouvant le sommeil tard dans la nuit. Peut-être qu’il l’avait trop blessé pour qu’elle lui pardonne… Certes, le garçon n’était pas amoureux de la fée, mais elle restait sa meilleure amie. Et ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle lui manquerait affreusement s’il ne la voyait plus. Peter avait réfléchi à la question (depuis qu’il commençait à grandir, Peter se posait beaucoup de questions) et s’était dit que même s’il grandissait, Clochette pourrait toujours venir le voir. Et peut-être même pourrait-il revenir un jour…

Le lendemain, Peter décida d’aller voir les pirates, car les sirènes ne se montraient que la nuit à minuit. Il se demandait comment la situation avait évoluée après la mort de Crochet. Le crocodile poursuivait-il toujours le navire? Peut-être qu’après avoir mangé Crochet, il avait voulu goûter un autre pirate (« qui sait? » Pensa Peter en souriant). Les pirates fomentaient-ils une attaque contre le camp Indien? Ou préparaient-ils un assaut sur la vallée de fées? À cette pensée, Peter eu le coeur lourd. Il ne savait pas comment les habitants de l’île allaient se défendre sans lui et les garçons perdus. Mais il se dit que les pirates n’avaient plus aucune raisons de les attaquer, étant donné que l’obsession de Crochet de capturer et tuer Peter était morte avec lui.

Arrivé sur la plage, il se rappela soudain qu’il ne savait plus voler. Il décida de refaire un essai, étant donné que le bateau se trouvait au large. Il prit la poussière de fée que Clarion lui avait donné et en répandit sur lui. Il évita de penser à Clochette et songea plutôt à Wendy et au fait qu’il allait bientôt la revoir. Il commença à s’élever lentement, et grisé par la sensation de vol, il se rendit jusqu’au bateau en réalisant des loopings et des descentes en piquées dignes des plus grands aviateurs.

Lorsqu’il se posa sur le pont, Peter se rendit bien compte que l’atmosphère était morose. Certains pirates jouaient aux cartes dans un coin. Un autre était en train de laver le pont. Il y en a un qui dormait appuyé contre le mat, et un autre endormi également dans le nid de pie. Peter alla jusqu’à la cabine du capitaine sans qu’aucun d’eux ne lèvent les yeux vers lui.

En ouvrant la porte, il découvrit monsieur Mouche en train de faire ses valises. Il emportait avec lui certains livres de la bibliothèque, et des effets personnels du capitaine Crochet, comme sa longue vue.

Lorsqu’il aperçut Peter, un sourire mélancolique se dessina sur son visage rond:

_ Eh oui… Il n’y a plus rien à faire ici, alors je m’en vais.

Peter avait toujours eu de la sympathie pour Mouche. Malgré le fait qu’il ai été le bras droit de Crochet toute sa vie, il avait toujours fait preuve d’une certaine « gentillesse » que les autres pirates n’avaient pas.

_ Si tout le monde part du pays imaginaire, il va mourir, dit Peter posément.

Mouche le regarda avec des yeux ronds:

_Tu… Toi aussi? Mais que va devenir ce monde sans toi?!

Voyant qu’il commençait à paniquer, Peter le rassura:

_ Ne vous inquiétez pas, j’ai trouvé le moyen de partir sans causer de dommages. Je vous demande seulement d’échanger un objet contre un autre, et de garder celui que je vous donne ici.

Mouche réfléchit quelques instants, puis fouilla dans son sac jusqu’à sortir… Le crochet du capitaine!

_ Vous l’avez récupéré?! S’écria Peter sous l’effet du choc. Mais je croyais que le crocodile l’avait dévoré!

_ Je l’ai trouvé sur la plage, dit Mouche en haussant les épaules. Il est à toi.

Peter prit le Crochet avec moult précautions et l’accrocha à sa ceinture à la place de son poignard. Puis il réfléchit à ce qu’il allait donner à Mouche. Il repensa à la morosité ambiante et eu une idée en posant son regard dans un coin de la pièce.

_ Si je vous trouvais quelque chose à faire, est-ce que vous resteriez au pays?

_ Pourquoi pas. Je ne pars pas de gaieté de coeur.

_ Je peux avoir votre couteau?

Un sourire espiègle se dessina sur le visage de Peter. Mouche avait vu ce sourire tant de fois qu’il savait qu’une catastrophe imminente allait se produire. Cependant, d’une main tremblante, il lui tandis quand même le couteau.

Peter libéra alors son ombre, en tranchant les coutures que Wendy avait fait à ses pieds. Son ombre s’étira alors, puis lui fit signe de la main.

_ Occupe toi d’eux pendant mon absence, d’accord?

Le double opina d’un hochement de tête, puis sortit sur le pont. Des cris retentirent, suivis d’une agitation soudaine.

_ Au moins, vous êtes sûrs d’être tranquilles la nuit! Rugit Peter, qui riait pour la première fois depuis qu’il était revenu.

Puis il sortit de la cabine et s’envola vers la crique, laissant des Pirates se battant contre une ombre furibonde, et un Mouche qui riait à gorge déployée. 

5. Des amours impossibles

Résumé: Après avoir perdu Clochette, Peter se rend chez les Indiens pour trouver de l’aide. Il rencontre alors Grand-mère, une ancienne, qui lui explique que s’il veut sauver et partir du pays imaginaire, il faut qu’il échange trois objets qui lui sont liés contre trois objets provenant chacun d’une tribue de l’île  (les sirènes, les fées et les pirates).

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Peter sortit de la tente, la coiffe indienne sur la tête , bien décidé à mettre en oeuvre ce que grand-mère lui avait dit de faire. Il se dirigea d’un pas ferme vers la forêt mourante, lorsqu’il s’arrêta net. La cérémonie avait prit fin il y a une heure, et la nuit était tombée. Mais il avait entendu un sanglot étouffé. Il se dirigea vers la source du bruit, et tomba sur… Lily la tigresse.

Celle-ci leva les yeux vers lui, le visage humide de larmes:

_Oh c’est toi…
_Pourquoi tu pleures? Demanda Peter en s’asseyant à côté d’elle.
_ Pour la même raison que la forêt. Dis-t-elle en s’essuyant les yeux.

Peter réfléchit un instant, puis comprit:

_ C’est à cause de John?

John était le frère de Wendy. Lily et lui étaient tombés amoureux lors de son séjour au pays imaginaire.

_ Je ne le reverrais plus jamais… Toi tu peux partir, mais pas moi…
_ Pourquoi? S’exclama Peter. Viens avec moi!
_ Je ne peux pas… J’appartiens et j’appartiendrais toujours à ce monde. Toi, tu viens du monde réel et tu as créé le pays imaginaire. Tu appartiens aux deux monde. Tu peux choisir…

Le silence tomba. Puis Lily sortit quelque chose de sa poche:
_ Ceci est la première plume que j’ai reçue. Donne la à John de ma part… Et dis lui… Dis lui…
_ Je le ferais. Promis Peter, qui devina ce qu’elle voulait lui dire.

Il la prit dans ses bras, puis partit vers la vallée des fées sans regarder derrière lui. Il savait que Lily avait raison, mais il ne pouvait s’empêcher d’éprouver la plus grande compassion du monde, car s’il avait été dans le même cas, il ne savait pas comment il aurait pu continuer à vivre.

Le vallée des fées était proche du camp des indiens. Le palais royal se situait, comme la cachette de Peter, dans un arbre creux. Le garçon espérait qu’il pourrait parler avec Clochette. Il savait qu’il l’avait fortement blessé, mais c’était un mal nécessaire.

Peter aperçu les lumières des fées et entendit leur musique (elles donnaient un bal tous les soirs). Il se rappela qu’il avait dansé dans les airs avec Wendy lors de l’un de ces bals (juste avant de lui dire qu’il n’aimait personne… Quel idiot!). Ce serait ce qui lui manquerait le plus ici.

_ Clarion! Appela Peter.

Une fée habillée de dorée sortit de l’arbre et vola jusqu’à lui. Clarion était la reine des fées. Elle était blonde aux yeux bleus et portait un diadème en or dans les cheveux. Peter savait qu’elle était bienveillante et qu’elle l’aiderait si elle le pouvait.

La voix des fées était tellement faible qu’elle n’était pas audible pour les humains. Elle s’exprimait donc avec des gestes pour parler à Peter. Clarion fit un signe de la main pour dire bonjour, une expression légèrement attristée sur le visage. Elle attendit que Peter lui expose sa requête. Il lui expliqua son cas et lui demanda si elle pouvait l’aider. Elle fit un signe de tête, puis partit quelques minutes dans l’arbre avant de revenir chargée d’une pierre en forme de croissant de lune et d’un sac de sa taille remplit de poussière de fée.

_Merci, dit Peter en mettant le tout dans sa poche.

Clarion sourit, puis repris son expression attristée, attendant que Peter lui donne quelque chose en retour. Elle savait que partir d’ici était vraiment très difficile pour lui.

Peter réfléchit à ce qu’il pourrait bien lui donner. Il opta finalement pour son poignard, dont il ne s’était jamais séparé et qui avait servit bien des fois. À contrecoeur, il le tendit à Clarion qui le fit voler jusqu’à l’intérieur. Puis elle revint vers lui et posa une main minuscule sur son épaule.

_ Clochette? Murmura le garçon, la gorge serrée.

Clarion forma un mot à l’aide de la poussière de fée:

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