Projet de livre

Bonjour à tous!

Cela fait un petit moment que je ne suis plus revenue sur le blog par manque de temps. En effet, en plus de mon travail, j’ai beaucoup travaillé sur le livre que j’écris en ce moment, ce qui ne m’a pas laissé assez de temps pour écrire la suite de la fanfiction. Je considère que le dernier chapitre que j’ai écris peut servir de fin, mais que je pourrais également écrire une suite si jamais il m’en prenait l’envie.

En attendant, je vais essayer de terminer mon livre avant la prochaine rentrée, et essayer de le publier (ou par défaut de le mettre en ligne).

Je publierais le premier chapitre lorsque j’aurais terminé. Je ferais le plus vite possible, et j’espère que cela plaira 🙂

Claire 😉

11. L’étoile filante

Résumé: Peter est enfin accepté par la famille Darling. Cependant, c’est la guerre et monsieur Darling prévient Peter que la vie réelle est pleine d’obstacles…

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Après que l’alerte à la bombe se fut arrêté, la famille Darling remonta se coucher. On fit aménager un lit pour Peter dans la chambre commune. Celle-ci ressemblait maintenant beaucoup à un dortoir, avec ses dix lits répartis entre 2 rangées,  contre les murs. À part ça, la pièce était telle que Peter se la rappelait. Il se souvenait que c’était sa couleur jaune qui l’avait attiré. Jaune comme le soleil, comme un poussin… ça avait donné une bonne impression à Peter. Et puis, comme c’était une chambre d’enfant, l’endroit lui semblait familier.

Lorsque monsieur Darling ferma la porte de la chambre en leur souhaitant bonne nuit à tous, il savait très bien que ceux-ci ne dormiraient que très peu cette nuit là. Et en effet, dès que la porte claqua, tout le petit monde accourut jusqu’au lit de Peter. Tous voulaient qu’il raconte son histoire en détail. Et c’est ce qu’il fit, même si Wendy était dans la pièce, car il se dit que cela pourrait peut être briser la glace. Tout le monde rit lorsqu’il leur raconta comment son ombre semait la zizanie chez les pirates. Ils retinrent tous leurs souffles lorsqu’il leur dit comment les sirènes l’avaient entraîné sous l’eau, puis se détendirent lorsqu’il leur expliqua que Clochette l’avait sauvé.

_ … Et me voilà, dit Peter lorsqu’il finit son récit.

Tout le monde était ébahi par ce que l’adolescent venait de dire. Ils étaient partis depuis un an du pays imaginaire, et entendre toutes ces aventures leur rendait un peu leur âme d’enfant. Le silence s’installa. Peter avait une personne à voir en tête à tête.

_ Bon, tout le monde au lit, dit le frisé, se rendant compte de la situation le premier.

Personne ne protesta, et tout le monde regagna son lit, tandis que Peter se rendait à la fenêtre de la chambre, celle par laquelle tout avait commencé, et où se trouvait assise Wendy au moment présent. Elle regardait le ciel étoilé, le visage éclairé par le clair de lune. Peter se souvint du jour où ils avaient dansé sous un clair de lune similaire, et il la trouva aussi belle que dans son souvenir, même s’il n’arrivait pas à deviner ce à quoi elle pensait àcet instant.

Le garçon qui ne voulait pas grandir s’assit à côté de la conteuse d’histoire silencieusement.

_ Je t’ai attendu tu sais, dis Wendy sans quitter le ciel des yeux.

_ Je sais, répondit doucement Peter.

Wendy se tourna vers lui. Ses yeux bleus océan, ceux que Peter aimait tant, reflétait une tristesse contenue. Une larme roula sur sa joue.

_ Et maintenant? Demanda-t-elle, un demi-sourire se dessinant sur ses lèvres rouges, où se cachait un baiser que Peter repéra tout de suite, là, juste au coin de la bouche.

_ Je ne sais pas, répondit-il. À toi de choisir.

Il s’était rapproché d’elle, et pouvait maintenant sentir son parfum floral. Elle détourna les yeux vers le ciel, comme si elle cherchait la réponse parmis les astres.

_ Tu as toujours mon baiser?

Peter sortit une chaîne de son col, au bout de laquelle pendait un dé à coudre que Wendy lui avait donné la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. La jeune fille sortit alors le sien: un cordon d’où pendait un gland, qui lui avait sauvé la vie lors d’une de ses aventures. Elle examina les deux objets pendant un moment, puis reporta son regard une fois de plus vers le ciel.

_ Tu vas repartir un jour?

_ Un jour, répondit Peter sincèrement. Mais juste pour quelques temps. Pas définitivement.

Wendy rit. Son rire était très doux, comme une brise légère. Peter se rendit compte que ce son lui avait vraiment manqué.

_ Ah Peter Pan, soupira Wendy. Le garçon qui ne voulait pas grandir… Crois-tu vraiment que ta place soit ici?

_ Oui. J’ai grandis moi aussi.

Wendy perdit son sourire, surprise d’entendre ces mots de la bouche de ce garçon, qui un an plus tôt refusait de rester avec elle, de peur de grandir. Peter se mis à regarder le ciel lorsqu’elle tourna son regard vers lui.

_ Regarde! Une étoile filante!

Tout sourire, il se tourna vers elle. Puis, il l’embrassa, car après tout, c’était le voeu qu’il avait formulé.

10. Bienvenue parmis nous

Résumé: Peter part du Pays imaginaire avec difficulté, revient à Londres et apprend qu’il s’est absenté durant un an. Alors qu’il revoit Wendy et les garçons perdus, une secousse se fait sentir.

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_ Mais qu’est-ce que…?

Une sirène stridente s’était déclenchée dans la rue. Peter se releva tant bien que mal et aidait les garçons à se relever lorsqu’une deuxième secousse se fit sentir.

_ Qu’est ce que c’est?! S’écria-t-il.

_ On se fait bombarder! S’écrièrent les jumeaux en choeur.

Dans le chaos général, monsieur Darling (dont Peter gardait un souvenir mitigé) entra dans la chambre en courant:

_ Vite les enfants! À l’abri!

Le groupe suivit monsieur Darling dans la précipitation jusqu’au sous-sol. Madame Darling les attendaient et les pressa d’entrer. Elle jeta un regard furtif à Peter, mais ne fit pas de commentaires. La troupe entra dans l’abri sous les sifflements des bombes larguées et des explosions.

L’abri était exigu. Le seul meuble présent était un lit superposé, qui occupait la moitié de l’espace. Des garçons montèrent sur le lit du haut, d’autres sur le lit du bas, et d’autres s’assirent par terre calmement, comme si la situation s’était répété plusieurs fois.

Wendy s’assit contre le mur, près de ses frères. Peter alla s’asseoir à côté d’elle, sous le regard des onze habitants de la maison. Un silence de plomb s’installa, ponctué par les détonations. Ils attendaient, se demandant qui allait parler le premier.

Finalement, ce fut Michael, le plus jeune des frères Darling, qui prit la parole:

_ Peter? Tu viens nous chercher pour retourner au Pays Imaginaire?

Tous les regards se tournèrent vers lui, ceux des enfants, pleins d’espoir, ainsi que ceux des parents, morts d’inquiétude. Ils n’osaient pas intervenir, de peur de perdre leurs enfants une seconde fois. C’était en imposant à Wendy de grandir trop vite qu’elle avait décidé de partir pour le pays imaginaire. Si les choses se passaient mal avec Peter, ils risquaient de tout perdre.

Peter prit une profonde inspiration. Il espérait sincèrement ne pas être rejeté. Il posa son regard d’un bleu limpide sur Michael.

_ Non, je ne vous ramènerais pas au pays imaginaire, du moins pas tout de suite. En fait… C’est plutôt moi qui retourne dans le monde réel.

Il attendit. Aucune réaction.

_ Dès que je suis retourné au pays, poursuivit-il, j’ai regretté ma décision. Je crois que je n’ai jamais autant réfléchi pendant cette semaine… Oui le temps s’écoule plus vite ici, précisa-t-il devant les regards surpris. Bref j’ai senti que j’étais en train… de grandir (il avait encore du mal à en parler). Mais j’ai créé le pays imaginaire juste pour les enfants. Et puis Wendy…

Il jeta un coup d’oeil vers elle. Son regard était fixé sur un point devant elle, inexpressif. Plus personne n’osait respirer dans la pièce.

_ Alors j’ai décidé de vivre pour de bon, reprit Peter, la voix tremblante. J’ai du laisser une partie de moi là bas. Ça m’a fait mal… Mais j’étais obligé.

Il se leva et se tourna vers le père de Wendy, qui retenait son souffle.

_ Monsieur Darling… Est-ce que je peux rester vivre avec vous?

Pour la première fois, Peter avait parlé comme un adulte. Il s’était adressé à monsieur Darling d’égal à égal, et celui-ci avait dû le sentir car il s’était un peu détendu. Il réfléchit quelques instants, pesant le pour et le contre, se demandant si la présence de Peter représentait un danger pour sa famille. Les enfants, qui étaient à présent des adolescents, ne disaient rien car ils savaient que ça n’aurait fait qu’envenimer les choses.

_ D’accord, répondit monsieur Darling. Mais as-tu bien conscience de ce que cela signifie?

Peter fut désarçonné par sa question. Il y aurait-il des conditions pour rester?

_ Tu devras aller à l’école, poursuivit le père. Tu devras faire les mêmes choses que les autres, les corvées et ce qu’on te dit de faire. Il faudra également que tu travailles lorsque tu seras adulte. Sans compter les changements qu’il te faudra surmonter avec le temps. Et la guerre… Il y a la guerre ici. Es-tu prêt à subir tout cela?

_ Oui, répondit Peter sans hésiter. Absolument.

_ Alors bienvenue parmis nous, Peter Pan.

Critique de la série shadowhunters

Bonjour à tous! Aujourd’hui j’ai décidé d’écrire un article qui n’est pas la suite de la fanfiction, mais la critique d’une série. Shadowhunters est une série directement inspirée de la saga The mortal instruments. Étant donné que j’adore les romans et que j’ai beaucoup aimé le film (malgré des avis divergents), j’ai voulu tester cette série dont j’entends parler depuis un moment.

Et là, ce fut le drame.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir toutes les libertés que la réalisation a prises!
_La situation de départ n’est pas la même (Clary va entrer à la faculté de dessin au lieu d’être au lycée, mais ça encore ce n’est pas ce qui m’a gêné le plus)
_ Les personnages ont été modifiés non seulement dans leurs fonctions (Luc est policier au lieu d’être libraire?!) mais aussi dans leurs statuts (il est apparemment en couple avec Jocelyn, alors qu’il est bien spécifié qu’ils se mettent ensemble seulement dans le troisième ou quatrième tome) et leurs caractère  (Alec me paraît assez fade par rapport au livre, et Jace est clairement moins farouche), sans compter ceux qui n’ont strictement rien à voir avec le livre  (comme Maureen qui dans le livre est une groupie d’une douzaine d’année et qui se transforme dans la série en jeune fille d’une vingtaine d’années qui fait partie du groupe de Simon… D’ailleurs où sont passés les autres membres de ce groupe?!)
_ Pourquoi l’église est elle remplie d’ordinateurs? Le livre semble décrire une bâtisse en pierre avec un intérieur classique (une bibliothèque, une cuisine…) pas de matériel high-tech!

Bref, le premier épisode était tellement différent du livre que j’ai arrêté le visionnage en plein milieu de l’épisode. J’essaierais peut être de regarder le deuxième épisode pour me faire une idée plus précise,  mais pour l’instant je déconseille vivement la série,  d’autant plus que l’auteure elle même dit qu’elle n’a pas de contrôle sur ce qui est diffusé. À suivre.

9. Retour à Londres

Résumé: Peter a réalisé les quatre échanges, et s’est réconcilié avec Clochette. Il est temps pour lui de partir…

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Le lendemain fut la plus dure journée que Peter eu à vivre. Tout d’abord, il alla dire adieu à la tribue indienne, avec Clochette qui avait décidé de rester avec lui. En traversant la forêt, il avait remarqué que les plantes avaient repris des couleurs. « J’espère que tout redeviendra comme avant quand je serais partit » Pensa Peter avec un serrement au coeur. Lorsqu’il dit au revoir aux peau-rouges, les réactions furent vives: tous pleuraient et sanglotaient, voulant à tout prix le serrer dans ses bras une dernière fois. Lily la tigresse vint le voir et se jeta à son coup. L’embrassade dura un moment.

_ Je reviendrais, murmura Peter à son oreille.

Lily le lâcha enfin, lui lança un sourire entendu et s’en retourna à ses occupations. Quand Peter s’envola, il aurait juré avoir vu grand-mère lui lancer un regard bienveillant.

Il alla ensuite voir la reine Clarion. Les fées lui firent une haie d’honneur, et voletèrent tout autour de lui jusqu’à ce qu’il s’en aille. Clarion, qui s’était inquiétée pour Clochette , la serra dans ses bras, ainsi que l’un des doigts de Peter du fait de sa petitesse. Il se retint de verser un larme et s’envola.

Puis, ils allèrent voler du côté du lagon des sirènes, où ils entendirent leurs chants séduisants (mais après toutes ses aventures, Peter n’y était plus sensible).

Non loin de là se trouvait le Jolly Roger. Peter entendit les bruits de lutte et sourit en pensant aux dégâts que son ombre allait causer.

Puis il se remémora qu’il fallait partir. Et il éclata en sanglot. Clochette mis au moins une bonne heure à le consoler. Quand il se calma, il était la fin de l’après-midi.

_ C’est à peu près à cette heure-ci que je suis parti chez Wendy la première fois, dit Peter à lui même.

Puis il se tourna vers Clochette.

_ Je ne veux pas que tu viennes avec moi. Je dois le faire seul.

Clochette lui lança un regard compréhensif, puis se serra contre son coeur.

_ N’oublie jamais ce que je t’ai dit, murmura-t-il.

Puis la fée le lâcha, de grosse larmes roulant sur ses joues. Les yeux humides, Peter se retourna et s’envola enfin pour rejoindre le monde réel.

Le trajet jusque Londres fut bref. Peter s’était changé les idées,  en pensant à ce que serait sa nouvelle vie chez Wendy. Il atterrit devant la fenêtre de sa chambre. La fenêtre était fermée,  et Peter se rappela ce que lui avait dit Crochet « Elle t’oublieras. La fenêtre est fermée. Il y a des barreaux. Elle ne veut plus de toi ». Son sang se glaça dans ses veines. Il regarda à travers le carreau, et vit douze lits identiques dans la grande pièce. « Les garçons perdus! » Pensa-t-il avec excitation.

Il frappa à la fenêtre. La lumière s’alluma.

Et là une explosion de bruit transforma le calme de la nuit en capharnaüm.

_ PETER! C’EST PETER!
_FAITES LE RENTRER VITE!
_QUOI? PETER ET REVENU?

Sous les holas et les cris d’une dizaine d’enfants, Peter se retrouva propulsé à l’intérieur, tiré de tous les côtés par un bon nombre de mains, les oreilles bourdonnantes.

Dans le chaos que sa venue avait causé, Peter remarqua que, bizarrement, les garçons avaient déjà changés d’une certaine manière: ils avaient l’air plus grand, plus vieux. Comment une seule semaine pouvait changer des enfants comme ça?

_ Mais comment..? Balbutia Peter.

Puis brusquement, il se figea, stupéfié. Les enfants perdus s’arrêtèrent net en remarquant que quelque chose n’allait pas, comme si Peter avait repris sa place de chef qu’il avait laissé vacante.

_ Depuis combien de temps suis-je parti? Demanda le blondinet lentement, comme si la vérité commençait à s’imposer à lui. Ça fait plus d’une semaine, hein? Laissa-t-il finalement tomber.

Un silence de mort se fit entendre.

_ Un an, répondit le frisé. Ça fait un an que tu es parti.

Peter eu la tête qui tourne. Comment cela se pouvait-il? Comment le temps pouvait-t-il s’accélérer quand il était au pays imaginaire? Puis, ses pensées tournoyant, il se demanda si Clo allait se douter de quelque chose, où si elle allait penser qu’il l’abandonnait (car il se doutait que le phénomène se produisait des deux côtés). Puis après un silence de réflexion, la cause de sa venue lui revint en mémoire.

_ Wendy?

Les garçons s’écartèrent alors.

Une jeune fille aux cheveux blonds comme les blés, plus longs que d’habitude, se tenait devant son lit. Elle aussi avait légèrement changé, mais elle avait gardé le même regard bleu azur et les mêmes lèvres rouges, au goût de cerise se souvint Peter. Depuis que Peter avait décidé de grandir, il reconnaissait les émotions sur les visages, et celui de Wendy exprimait à la fois la joie et la tristesse. Il y avait également un fond de colère dans ses yeux.

Elle allait dire quelque chose lorsqu’un fracas assourdissant suivi d’un tremblement de terre les projeta au sol.

8. Une lumière dans la nuit

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Tout se passa très vite: comme il s’y attendait, Peter sentit deux mains moites le saisir et l’entraîner dans l’eau, sans qu’il puisse opposer aucune résistance. Plus il s’enfonçait, moins il distinguait les récifs immergés. La sirène n’avait pas décollé sa bouche de la sienne. Ses soeurs la suivaient, attendant que Peter se noie gentiment. Alors qu’il commençait à suffoquer et croyait sa dernière heure arrivée, une traînée de poudre dorée traversa l’eau à toute vitesse pour aller frapper la sirène en pleine tête. Celle-ci lâcha Peter sous l’effet de la surprise, et profitant de l’occasion, il donna un coup de pied et se propulsa à la surface.

Il nagea aussi vite qu’il le pu jusqu’à la plage, et couru le plus loin possible du rivage.

Il était trempé ; Ses cheveux blonds et bouclés étaient collés sur son front. Sa coiffe de plume avait heureusement survécu à l’incident, ainsi que le contenu de sa poche.

Il était arrivé dans la forêt, au centre d’une clairière baignée par le clair de lune. Exténué, il s’assit sur un rocher qui se trouvait là, et attendit d’être calmé avant de remonter le cours des événements, car il avait eu la peur de sa vie. Il n’en parlait jamais, mais la plus grande crainte de Peter était le noir complet et le silence. C’est pour cela qu’il s’était tout de suite bien entendu avec Clochette. Elle était l’une des seules à l’éclairer lorsque la vie devenait sombre. D’ailleurs, en parlant de Clochette… Il avait nettement vu un trait doré frapper la sirène de plein fouet. Il se doutait bien que c’était elle qui l’avait aidé. Il espérait juste qu’elle l’avait suivie dans sa fuite.

_ Clochette, dit Peter d’une voix forte, mais étonnamment calme pour quelqu’un qui venait d’échapper à la noyade. Je sais que tu es là.

Il attendit un moment, puis une petite boule lumineuse sortit de derrière un tronc et voleta lentement jusqu’à lui.

Clochette avait les mains croisées derrières le dos, avec un air renfrogné qui lui était presque familier depuis que Peter était allé pour la première fois chez Wendy, ce qui était bien dommage car malgré sa taille minuscule, Clochette était belle lorsqu’elle souriait.

_ Merci de m’avoir aidé, dit le garçon doucement. J’ai eu peur, tu sais que je déteste le noir…

Clochette se détendit une fraction de seconde, puis se rappelant pourquoi elle était fâchée contre Peter, elle croisa les bras et lui tourna le dos.

_ Arrêtes, tu sais très bien que c’est aussi difficile pour moi.

Elle lui jeta un regard noir, ce qui devait signifier qu’elle n’était pas vraiment de son avis.

Après un instant de silence, Peter se dit qu’il ne servait plus à rien de nier l’évidence.

_ Je t’aime Clo’, mais pas comme Wendy. Tu as toujours été ma meilleure amie, tu as toujours été à mes côtés, on a vécu les mêmes aventures ensemble. Mais on est différents.  Je suis un garçon qui a refusé de grandir à un moment donné et qui s’est isolé sur une île imaginaire, où tout ce qui existe réagit comme je le veux et où rien n’évolue, où je resterais toujours un enfant sans jamais changer. Mais depuis que j’ai rencontré Wendy, non seulement j’ai redécouvert le monde réel, mais cette fille… Elle m’a bouleversé. Je n’ai jamais ressenti ça pour personne (je n’ai jamais rien ressentit du tout d’ailleurs). Ce monde ne me convient plus.

Une expression de tristesse profonde tordait les traits de la fée, et une larme minuscule roula sur sa joue. Peter sentant son coeur se serrer, essuya cette minuscule goutte d’eau et étouffa un sanglot.

_ Mais pourquoi cela voudrait-il dire que je ne veux plus de toi? Même si je pars d’ici, tu sais très bien que tu pourras venir me voir aussi souvent que tu veux. J’ai créé le pays imaginaire  depuis le monde réel. Même si on appartient à deux mondes différents, pourquoi est-ce que notre amitié devrait mourir comme ça?

Les larmes roulaient sur ses joues à présent.

_ Ça me déchire le coeur autant qu’à toi.

Clochette se pressa contre sa poitrine. Elle avait enfin compris que Peter était partagé entre le pays imaginaire et le monde réel, et que ses souvenirs d’ici ne terniraient jamais.

Elle avait enfin prit conscience que la situation n’était pas aussi désespérée qu’elle le croyait.

7. « Peter Pan tient toujours ses promesses »

Résumé: Après avoir fait un échange avec les indiens et les fées, Peter se rend chez les pirates où il reçoit le crochet du capitaine, que Mouche a récupéré sur la plage. Voyant que l’équipage du Jolly Roger est sur le chemin du déclin (et du départ en ce qui concerne Mouche), Peter libère son ombre, ce qui crée une sacrée effervescence sur le navire. Il laisse donc son ombre en échange du crochet et se rend chez les sirènes.

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Peter attendit que la nuit tombe sur la crique aux sirènes assit sur un rocher. Il avait regardé la mer toute la journée, se demandant ce que serait la vie en ville, avec Wendy. Serait-ce aussi amusant que sa vie passée au pays imaginaire? Au bout de quelques heures passées sur ce rocher à s’ennuyer, il se dit que ça ne pourrait certainement pas être pire que maintenant.

La nuit était tombée sur l’île. Peter avait entendu les bruits de lutte des pirates contre son ombre toute la journée, et le ramdam se calmait enfin. On n’entendait plus que les vibrations régulières des tambours indiens, qui devaient encore réaliser un rituel quelconque, et le son des vagues se fracassant sur les récifs.

Soudain, Peter surprit un mouvement furtif dans les vagues (une minuscule onde qui se propagea sur l’eau). « Enfin! » se dit-il.

Il ne bougea pas, attendant que les sirènes se montrent. Ces créatures étaient à la fois craintives et agressives, comme des animaux continuellement blessés. Si elles en avaient l’occasion, elles vous entraînaient au fond de l’eau pour vous noyer. Mais elles savaient aussi tout ce qui se passait dans le pays. Peter se souvenait qu’il était déjà venu ici avec Wendy pour savoir où Crochet avait emmené ses frères (d’ailleurs, ce jour là, elles avaient faillit noyer la jeune fille, mais il les en avait empêché).

Quatre tête sortirent de l’eau simultanément. Les sirènes avaient de beaux visages de femmes. Elles avaient les yeux de la même couleur que leurs cheveux: bleus, violets, verts, roses… Elles avaient des traits fins, mais Peter savait que sous leur charme apparent se cachait une méchanceté redoutable.

Il s’approcha doucement du bord de l’eau. Les sirènes le suivirent des yeux, mais ne bougèrent pas. Il s’arrêta à une distance respectable, aux aguets, et leur expliqua la raison de sa venue. Puis, il attendit, le temps qu’elles se concertent. Enfin, celle qui avait les cheveux violets prit la parole:

_ Nous voulons bien te donner une de nos perles. Mais en échange, tu devras nous donner ta flûte de Pan, et… un baiser.

Le sang de Peter se glaça. Il savait très bien que s’il s’approchait trop de l’eau, les sirènes le noieraient. Mais il comprit qu’il n’avait pas le choix. Il devait le faire.

La sirène sourit, découvrant ses dents pointues.

_ D’accord c’est promis. Mais la perle d’abord, lança-t-il à la femme poisson.

Celle-ci détacha une perle en nacre grosse comme une balle de golf de son collier, et la fit rouler jusqu’à lui. Il la prit et la fourra dans sa poche, avec la pierre de lune et la poussière de fée (elle commençait à être bien remplie). Puis il s’envola jusqu’à sa cachette, et prit la flûte de Pan la où il l’avait laissé quand, en panique, il avait vu Clochette mourir sous ses yeux.

Il revint à la crique cinq minutes plus tard. Les sirènes l’attendaient toujours. Elles savaient qu’il respecterait sa promesse, car après tout, Peter Pan respectait toujours ses promesses.

Il donna la flûte de Pan à la sirène aux cheveux bleus, puis s’approcha de celle aux cheveux violets. Il s’agenouilla au bord de l’eau, pensa à Wendy et au monde qui allait bientôt s’offrir à lui, et mit toute la force de sa volonté pour ne pas s’enfuir et s’approcher encore plus.

Ses lèvres touchèrent celles, humides et glacées de la sirène.